Ce projet de recherche, mené par l’axe Arts et santé et le laboratoire AgeTeQ, vise à évaluer l’impact de visites au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), prescrites par un·e médecin, sur la santé mentale, la qualité de vie et le bien-être de patient·es vivant au Québec.
Il s’agit d’une étude expérimentale, prospective, ouverte et non randomisée, de type avant-après, comportant un seul groupe de participant·es servant de leur propre groupe contrôle.
L’intervention consiste en une visite libre au MBAM. Dix-sept médecins recruteur·rices ont participé à l’étude. Ils et elles ont reçu un carnet de prescriptions leur permettant de prescrire, lors d’une consultation, une visite au musée à des patient·es pour lesquels ce type d’intervention leur semblait pertinent. Au total, 208 prescriptions ont été distribuées.
Les patient·es disposaient d’un délai d’un mois pour effectuer leur visite au musée. Les participant·es à la recherche ont été invité·es à remplir deux questionnaires autoadministrés en ligne : le premier dans les deux jours précédant la visite, et le second dans les trois jours suivant celle-ci. Les questionnaires comprenaient l’indicateur EuroQol-5D (EQ-5D) afin de mesurer la qualité de vie, ainsi que l’échelle Warwick-Edinburgh Mental Health Well-Being Scale (WEMWBS) pour évaluer le bien-être mental.
Au total, 86 personnes ont réalisé leur visite au musée et complété l’ensemble des questionnaires avant et après l’intervention.
L’objectif principal de l’étude est d’examiner les effets d’une visite au MBAM prescrite par un·e médecin sur la santé mentale — entendue ici en termes de bien-être et de qualité de vie — des patient·es vivant au Québec.
Les résultats montrent que les scores moyens de bien-être et de qualité de vie, évalués respectivement à l’aide de la WEMWBS et de l’échelle visuelle analogue de l’EQ-5D (0 à 100), sont significativement plus élevés après la visite au musée qu’avant celle-ci (p < 0,01). Ces résultats indiquent qu’une visite au MBAM prescrite par un·e médecin a un effet bénéfique sur la qualité de vie et la santé mentale des patient·es.
En conclusion, bien que les effets positifs des arts sur la santé mentale soient convaincants, les recherches futures devront s’intéresser aux conditions d’octroi, d’accès et de mise en œuvre des prescriptions muséales afin d’en maximiser les retombées pour le plus grand nombre. Des études qualitatives, incluant notamment des entretiens avec les différentes parties prenantes, permettront de mieux comprendre les limites et les obstacles rencontrés, ainsi que les leviers susceptibles d’améliorer le déploiement et l’utilisation de la prescription muséale.

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